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Pascal LIEVRE

EXPOSITIONS, du 17 mars au 02 avril

La Tôlerie, 10 rue de Bien-Assis, Clermont-Ferrand

Du mardi au samedi de 14h à 18h

Portrait d’une île perdue, 2013
Pascal Lièvre

Les Disparus (Lost) est un feuilleton télévisé américain de 121 épisodes de 42 minutes soit 85 heures créé par J. J. Abrams, Damon Lindelof et Jeffrey Lieber et diffusé du 22 septembre 2004 au 23 mai 2010 sur le réseau ABC et sur CTV au Canada.
Pascal Lièvre a éliminé dans tous les plans filmés sur l’île ceux où figuraient les humains, les objets et les animaux domestiques pour ne conserver que les plans de nature, soit 25 minutes sur 5082 minutes. Sur ces plans il a éliminé voix humaines et bruits liés aux objets fabriqués par l’homme et ne conserve que la musique ou les bruits de la nature. Il trace ainsi le portrait d’une île perdue.
L’artiste propose un portrait de la nature avec les images les plus spectaculaires et les plus chères réalisées à l’époque pour une série. En effet, c’est J.J.Abrams qui est à la tête de cette superproduction, avec des moyens considérables, pas moins de 10 à 14 Millions de $ rien que pour les deux premiers épisodes. C’est un témoignage sur la représentation du concept de nature dans le cinéma américain dans les années 2005/2010, la nature représentant moins d’un dix millième des images de la série l’artiste choisissant de les montrer dans l’ordre chronologique d’apparition à l’écran. Une étrange narration se crée ainsi, montrant une nature menaçante et chaotique accompagnée d’une musique basée sur des effets souvent grandiloquents.
Lost pose la question de la représentation de la nature au début du XXIe siècle, et en fait, dans la série, la nature seule est très peu présente, et lorsqu’on la voit elle-même, c’est presque toujours dans des moments de tension, d’affolement de la caméra. Une nature hystérisée, sauvage, et mystérieuse.

Si le travail du plasticien, performer, vidéaste et peintre, Pascal Lièvre est politique, ce n’est ni au sens d’un militantisme esthétique, ni au sens d’une instrumentalisation des œuvres. C’est bien plutôt par un questionnement incessant, répété, asséné, des ressors de la culture dominante, qu’il entend faire émerger la possibilité d’une émancipation par l’art. Le champ politique pour medium, le peuple pour objet et, à travers eux, l’intérêt démocratique pour finalité esthétique, le plasticien ancre son propos dans la sphère de la chose publique et l’économie des représentations collectives. Déconstruire le spectacle social, quitte à lui rendre son statut de comédie, prend la forme d’un détournement, d’un dédoublement parodique du patrimoine visuel commun.

Site web de l’artiste : http://www.lievre.fr

La Tôlerie